« Si j’avais su… » : ce que ressentent vraiment les patients anxieux après leur premier rendez-vous

« Si j’avais su… » : ce que ressentent vraiment les patients anxieux après leur premier rendez-vous

Par le Dr Dalila Belkorchia – Dentiste à Cergy, Île-de-France

En fait, il y a une phrase que j’entends souvent très souvent quand un patient ressort de la salle de soin après son premier rendez-vous. Une phrase simple, dite à voix basse, parfois avec un sourire un peu gêné. Parfois avec les yeux humides.

« Si j’avais su que ça allait se passer comme ça… je serais venu(e) bien plus tôt. »

Je ne me lasse jamais de l’entendre. Parce que derrière ces quelques mots, il y a des années de peur. Des années d’évitement. Des nuits à redouter un rendez-vous qui n’existait même pas encore. Et puis ce moment ce premier rendez-vous qui efface tout ça, ou du moins qui commence à le défaire.

Cet article, je l’écris pour vous, si vous êtes encore de l’autre côté. Si vous avez le numéro de cabinet enregistré dans votre téléphone depuis des mois, sans avoir jamais appuyé sur appel. Si vous avez pris rendez-vous trois fois et annulé trois fois. Je voudrais juste vous raconter ce qui se passe vraiment une fois la porte passée.

Ce qu’ils imaginaient en arrivant

La peur a une particularité : elle grossit dans le silence. Plus on évite, plus on imagine. Et plus on imagine, plus c’est terrifiant. C’est mécanique, ce n’est pas une faiblesse c’est simplement ce que fait notre cerveau quand il manque d’informations rassurantes.

Voici ce que mes patients m’ont confié avoir imaginé avant de venir, et que j’entends régulièrement :

  • Que la douleur serait insupportable, dès l’entrée dans la salle
  • Qu’ils allaient perdre le contrôle paniquer, ne plus pouvoir respirer
  • Qu’on allait les juger sur l’état de leurs dents, les regarder différemment
  • Que le dentiste irait vite, sans les écouter, comme avant
  • Qu’ils n’auraient pas le droit de dire stop une fois le soin commencé
  • Que la honte serait trop grande pour pouvoir parler normalement

En fait, je comprends chacune de ces peurs. Elles ne viennent pas de nulle part elles viennent souvent d’expériences passées, d’histoires entendues, d’une représentation du cabinet dentaire construite depuis l’enfance et jamais vraiment remise en question.

Ce que je voudrais vous dire, c’est que tout ce que vous imaginez là-haut ce n’est pas ce qui vous attend ici.

Ce qui se passe vraiment de la salle d’attente à la sortie

Avant même de s’asseoir dans le fauteuil

La première chose qui change, pour beaucoup de patients anxieux, c’est l’accueil. Pas la technique, pas les instruments l’accueil. Le fait que quelqu’un les regarde vraiment, leur demande comment ils vont, leur laisse le temps de souffler.

On parle avant tout. Pas pour remplir une fiche. Pour comprendre ce qui s’est passé avant, ce qui fait peur aujourd’hui, ce qui a déjà été douloureux. Ce temps-là n’est pas du temps perdu c’est le soin qui commence.

Dans le fauteuil : les surprises les plus fréquentes

Ce qui étonne le plus mes patients, c’est souvent l’anesthésie. Ils s’y préparent comme à une épreuve. Et puis… ils ne sentent rien, ou presque. Un léger picotement, parfois. Ils me regardent et me demandent : « C’est fait ? »

Oui. C’est fait. Parce que j’y vais doucement, progressivement, avec un gel anesthésiant en surface avant même l’aiguille. Il n’y a aucune raison que ça fasse mal et quand c’est bien fait, ça ne fait pas mal.

L’autre chose qui surprend : l’écran au plafond. Ça peut sembler anodin, mais pour quelqu’un dont la peur est aussi visuelle voir les instruments, voir les gestes le fait de pouvoir regarder ailleurs change vraiment quelque chose. Le cerveau ne peut pas traiter deux choses en même temps avec la même intensité. Si vous êtes dans votre série, vous êtes moins dans le cabinet.

Et si ça ne va pas si la peur monte quand même ?

Ça arrive. Et c’est complètement normal. Il suffit de lever la main. On s’arrête. On respire. On reprend quand vous êtes prêt(e). Il n’y a pas de chronomètre. Il n’y a pas de regard agacé. Il n’y a que du temps le vôtre.

Ce qu’ils ressentent en sortant

En fait, c’est souvent le moment qui me touche le plus dans ma journée. Quand je vois un patient se relever du fauteuil après son premier rendez-vous. Parce que ce qui se passe sur leur visage c’est rarement ce à quoi ils s’attendaient.

Le soulagement

C’est l’émotion la plus universelle. Un relâchement physique, presque visible. Les épaules qui descendent. Un long souffle. Parfois un sourire timide, comme si on n’osait pas encore y croire tout à fait.

“Je me sens tellement légère. Je ne pensais pas que c’était possible.”Une patiente, après sa première consultation

La surprise

Souvent mêlée d’une pointe d’incrédulité. « C’est vraiment tout ? » Comme si le cerveau avait du mal à mettre à jour l’image qu’il s’était construite. C’est normal des années de représentations ne s’effacent pas en une heure. Mais cette première surprise, elle commence le travail.

La fatigue

Moins attendue, mais très fréquente. Tenir la peur, se battre contre soi-même pour venir, rester dans le fauteuil en mobilisant toutes ses ressources c’est épuisant. Certains patients me disent qu’ils ont besoin de se poser après, de faire une pause. C’est le corps qui décompresse. C’est bon signe.

Et parfois, des larmes

Je ne vais pas vous le cacher. Ça arrive. Des larmes de soulagement, parfois de libération. Quand quelqu’un porte une peur depuis des années et qu’il réalise que c’est derrière lui c’est une émotion réelle, physique. Je ne trouve pas ça gênant. Je trouve ça beau.

Les phrases que j’entends le plus souvent après

Je les ai dans les oreilles tellement je les ai entendues. Elles me font du bien à chaque fois, pas pour l’ego mais parce qu’elles me rappellent pourquoi ce travail a du sens.

“Si j’avais su, je serais venu(e) bien plus tôt.”
“Je n’ai vraiment rien senti. C’est incroyable.”
“Je pensais que j’allais fuir en chemin. Mais là… je vais reprendre rendez-vous.”
“Vous n’êtes pas du tout comme ce que je m’imaginais.”Ce que j’interprète comme le plus beau des compliments.

En fait, cette dernière phrase elle résume tout. La peur du dentiste, c’est souvent la peur d’un personnage imaginaire, construit à partir d’expériences passées ou de récits entendus. Ce premier rendez-vous, c’est l’occasion de rencontrer quelqu’un de réel. Et parfois, cette rencontre change tout.

Pourquoi ce premier rendez-vous change souvent tout

Je ne vais pas vous promettre que la peur disparaît complètement après une seule visite. Pour certains patients, elle s’allège considérablement. Pour d’autres, il faut un peu de temps, plusieurs rendez-vous, une confiance qui se construit progressivement. Et c’est tout à fait normal.

Mais ce que je sais parce que je le vois, régulièrement c’est que ce premier rendez-vous crée une rupture. Avant, il y avait « moi et ma peur du dentiste ». Après, il commence à y avoir « moi, et une expérience qui s’est bien passée ».

Cette expérience-là, le cerveau ne l’oublie pas. Elle devient une nouvelle référence. Et la prochaine fois, même si l’appréhension est encore là, elle a un peu moins de prise. Parce que maintenant, vous savez.

« En fait, mon métier, c’est de créer des premières fois qui donnent envie d’une deuxième. »

J’ai accompagné des patients qui n’avaient pas consulté depuis dix, quinze, vingt ans. Qui avaient construit toute leur vie autour de l’évitement cacher leur sourire, refuser les photos, parler peu. Et qui, après ce premier rendez-vous, ont commencé à défaire tout ça. Pas en un jour. Mais le chemin était lancé.

Avant de venir : identifiez ce qui vous bloque vraiment

Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire si vous avez repoussé ce rendez-vous des dizaines de fois il y a un premier pas que vous pouvez faire dès maintenant, chez vous, sans aucune pression.

J’ai créé un questionnaire court pour vous aider à mettre des mots sur vos déclencheurs d’angoisse spécifiques. Qu’est-ce qui vous fait le plus peur ? L’anesthésie ? Le bruit ? Le regard du praticien ? Perdre le contrôle ? Mettre un nom sur ce qui vous bloque, c’est déjà commencer à le traverser.

👉 Faire le questionnaire gratuit sur mes déclencheurs d’angoisse 3 minutes, sans inscription, sans engagement.

FAQ Ce que vous vous demandez encore peut-être

Est-ce que vous allez vraiment vous souvenir de ce que je vous ai dit lors du premier rendez-vous ?

Oui. Ce que vous me confiez lors de la première consultation vos peurs, vos expériences passées, vos limites je le prends vraiment en compte pour tous les soins qui suivent. Ce n’est pas une case à cocher. C’est la base de notre relation de soin.

Et si je commence à paniquer une fois dans le fauteuil ?

Vous levez la main, et on s’arrête. Immédiatement, sans question, sans soupir. Vous pouvez aussi convenir avec moi d’un signal avant le début du soin un mot, un geste. Vous n’êtes jamais obligé(e) d’aller jusqu’au bout si vous ne vous sentez pas bien. On reprend quand vous êtes prêt(e).

Est-ce que le premier rendez-vous peut être juste une prise de contact, sans soin ?

Absolument. Pour certains patients très anxieux, la première visite est uniquement une rencontre : on se parle, on visite le cabinet, on prend le temps de se connaître. Aucun instrument, aucune obligation. C’est une option que je propose volontiers parce que la confiance, ça se construit, ça ne s’impose pas.

Combien de temps dure un premier rendez-vous ?

Je prends le temps qu’il faut. Je ne regarde pas ma montre pendant qu’on parle. Le premier rendez-vous peut durer plus longtemps qu’une consultation classique et c’est parfaitement normal. Ce temps d’échange n’est pas du temps perdu, c’est le soin.

Est-ce que vous acceptez les patients qui viennent de Paris ou d’autres villes d’Île-de-France ?

Oui, tout à fait. Mon cabinet est à Cergy, accessible depuis Paris et les grandes villes du Val-d’Oise, des Yvelines et des Hauts-de-Seine. Beaucoup de mes patients font ce trajet précisément parce qu’ils ont cherché un cabinet où ils se sentiraient vraiment en sécurité.

Vous aussi, vous méritez ce « si j’avais su »

En fait, la seule chose qui sépare la peur que vous ressentez là de ce soulagement que je vous ai décrit c’est ce premier rendez-vous.

Vous n’avez pas à être courageux(se). Vous n’avez pas à avoir surmonté votre peur pour venir. Vous avez juste à arriver avec votre peur, avec vos doutes, avec tout ce que vous portez. On s’occupe du reste ensemble.

Trois façons de faire le premier pas, au rythme qui vous convient :

📋 Identifier mes déclencheurs d’angoisse pour arriver mieux préparé(e)
📅 Prendre rendez-vous sur Doctolib disponible 24h/24
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